L'importance du zéro

L’importance du Zéro

Non, je ne parle pas de chiffres, ni d’argent. Je parle plutôt de ces « choses invisibles », de ces moments où nous n’avons pas fait quelque chose. J’aimerais partager ici quelques pensées sur l’importance de ce que nous n’avons pas fait.

Par exemple :
Avez-vous des souvenirs

  • des mots ou des phrases que vous n’avez pas prononcés ?
  • du job que vous n’avez pas accepté ?
  • De la réaction en ligne que vous avez retenue jusqu’à ce que l’envie passe ?
  • Du vêtement que vous n’avez pas acheté ?
  • De la bouchée que vous n’avez pas avalée ?
  • Du voyage que vous n’avez pas entrepris ?
  • De la relation à laquelle vous n’avez pas dit oui ?
  • Et ainsi de suite….

Bien sûr, face à ces situations, il est facile de penser : j’aurais dû…, ou si j’avais… On peut aussi les refouler, en avoir honte, ressentir un échec, ou toute autre émotion peu agréable.

Mais si ces Zéros parlaient d’autre chose ?

De quelque chose de plus enfoui, pas toujours facile à mettre à jour, et encore moins à expliquer. Concours de circonstances, oubli, manque de volonté, procrastination ou auto-sabotage : nous collons souvent à ces moments des étiquettes rapides. Ce sont des interprétations que nous produisons pour donner du sens à ce qui s’est passé. Mais, en vérité, qu’est-ce qui se cache derrière ? Et si c’était autre chose ?

Avez-vous déjà posé la question suivante :

Qu’avez-vous privilégié lorsque vous avez choisi de ne pas faire ceci ou cela ?

Prenez encore un moment pour y réfléchir.

À quoi avez-vous donné la priorité ?

Ce sont ces questions que j’ai posées un jour à Yvonne, qui m’expliquait son « manque de volonté » parce qu’elle n’allait plus faire du sport tous les jours. Elle me racontait qu’étant plus jeune, elle était beaucoup plus disciplinée, et donc plus efficace dans la poursuite de ses objectifs.

Après avoir entendu ces questions, un silence s’est installé. Dans cet espace un peu suspendu, ses réponses ont commencé à remonter à la surface. À son grand étonnement, une émotion forte est apparue.

Peu à peu, elle a retrouvé les traces d’autre chose : un corps épuisé par des années de quête de performance. Une envie de se reposer, de se relaxer, de faire autre chose de sa vie que courir, aller à la salle de sport ou faire du cardio. Une envie aussi de prendre soin d’elle différemment, plus doucement, sans cette voix intérieure qui la juge et lui crie dans la tête : « tu es une grosse feignasse », et ainsi de suite.

Cette conversation a changé sa façon de voir sa pratique sportive, mais aussi sa manière de prendre soin d’elle. Pas de manière spectaculaire, du jour au lendemain, mais d’une manière plus profonde et durable.

Elle fait toujours du sport aujourd’hui, mais en écoutant davantage ses envies et son corps. Elle ne se plie plus à un planning rigide. Sa relation à cette question du sport est devenue plus dynamique et plus vivante, et la joie de bouger ainsi que la recherche d’équilibre ont progressivement remplacé la performance et la dureté.

Notre société, notre mode de vie et notre éducation promeuvent certaines valeurs, certaines idées et certains comportements. D’un côté, c’est très précieux, car cela nous aide à avancer et à nous orienter. Mais ces mêmes valeurs peuvent parfois devenir enfermantes, et créer un sentiment de décalage, d’échec, ou la douleur de ne pas faire les choses « comme il faut ».

Alors la prochaine fois que vous rencontrerez un Zéro dans votre vie, c’est-à-dire quelque chose que vous n’avez pas fait, peut-être pourrez-vous commencer par être curieux. Curieux de ce qui s’est réellement joué pour vous à ce moment-là.

Et vous poser ces deux questions simples.

Peut-être y découvrirez-vous quelque chose d’inattendu.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *